Réfléchir ensemble

Faire naître la sororité entre les mères

Ce matin, Baby Montessori, une page facebook que nous suivons a publié un petit texte.

« Tu te rends compte, son fils fait de la danse ? Ah, bonjour la virilité.
Tu te rends compte, sa fille fait de la danse ? Ah, bonjour les clichés. En plus elle l’habille en rose, elle va finir fifille.
Elle habille sa fille en bleu, elle va avoir des troubles identitaires plus tard. Surtout qu’elle l’a allaitée presque un an, non mais franchement.
Elle n’a pas allaité sa fille ! Quelle honte, quel égoïsme !
Elle a allaité trois semaines: c’était bien la peine…
Elle ne stérilise pas ses biberons, l’inconsciente… Il faudra pas s’étonner si son bébé tombe malade.
Elle stérilise ses biberons, l’inconsciente… il faudra pas s’étonner si son bébé tombe malade.
En tout cas, ne pas vacciner ses enfants c’est honteux !
En tout cas, il faudrait dénoncer aux services sociaux ceux qui donnent des antibiotiques ! Son mec ne fait rien à la maison… ça me révolte.
Son mec fait tout à la maison… ça me révolte. Son mec et elles partagent les tâches… ça me révolte.
Quand on pense qu’elle vit des Assedics.
Quand on pense qu’elle vit du congé parental. Quand on pense qu’elle vit d’un salaire qui fait trois fois le mien.
Quand on pense qu’elle vit d’à peine plus du SMIC.
Quand on pense qu’elle vit de ce que lui donne son mari.
Quand on pense qu’elle vit de missions free lances. Free lance, c’est pas un vrai métier. Fonctionnaire, c’est pas un vrai métier. Entrepreneuse, c’est pas un vrai métier.
Auteur, c’est pas un vrai métier. Chargée de com, c’est pas un vrai métier.
Nourrice, c’est pas un vrai métier.
Secrétaire, c’est pas un vrai métier.
En plus elle a une nourrice alors qu’elle travaille à mi-temps.
En plus elle n’a pas de nourrice alors qu’elle travaille à mi-temps. On se demande comment elle supporte tout ça.
Elle a la vie trop facile.
Elle a la vie trop difficile.
Toujours sur Internet.
Jamais sur Internet.
Et bien sûr son gosse n’a jamais eu la varicelle. Et bien sûr son gosse a eu la varicelle.
Elle n’avait même pas de mouchoir, elle s’en fout.
Elle avait trois paquets de mouchoirs, elle est complètement névrosée.
Elle travaille trop.
Elle ne travaille pas assez.
Elle n’est jamais coiffée, jamais maquillée, non vraiment elle ne fait pas envie.
Elle est toujours coiffée, toujours maquillée, non vraiment, c’est ridicule.
Elle stagne au même poste depuis trois ans, je ne pourrais pas.
Elle a eu trois promotions en trois ans, on se demande comment.
Son fils prend des cours d’Anglais, n’importe quoi, à 8 ans !
Son fils ne parle pas un mot d’Anglais, n’importe quoi, à 8 ans !
Ils passent leurs mercredis devant la télé.
Ils passent leurs mercredis au centre de loisirs. Ils passent leurs mercredis à dormir.
Ils passent leurs mercredis à lire. Non mais vraiment, c’est un mercredi ça ?
Ils ne mangent que des frites, les pauvres.
Ils ne mangent que des légumes, les pauvres. Ils ne mangent jamais avec leurs parents, bonjour la vie de famille.
Ils mangent toujours avec leurs parents, bonjour la vie de couple.
Tu sais qui va les chercher ? Une baby sitter. Une nourrice. Leur père. La grand-mère. Leur mère. La voisine.
Je ne comprends pas pourquoi son enfant a été pris et pas le mien, alors que le mien est meilleur.
Tu as vu les photos ? Son fils a un grand nez et les oreilles décollées. En plus il sourit tout le temps, un imbécile heureux.
En plus il ne sourit jamais, un triste sire.
Elle a des cernes, elle travaille trop, sort trop, s’occupe trop des enfants.
Chez elle, j’ai vu un babycook: vive l’esclavage… Chez elle, j’ai vu des petits pots: vive l’industrie alimentaire…
Elle a déjà perdu ses kilos de grossesse, la garce.
Elle n’a pas encore perdu ses kilos de grossesse, la vache. En plus comme elle s’habille en rose ça se voit.
Au fait, je t’ai dit qu’elle habillait son fils en rose ? »

Ce texte démontre avec justesse une grande partie des critiques que vivent les mères lorsqu’elles s’occupent de leurs enfants. Soit elles n’en font pas assez soit elles en font trop. Il y a toujours à redire. Et, pourtant….

Pourtant, elles font bien, elles sont impliquées, elles pensent, elles réfléchissent, elles lisent, elles demandent, elles se remettent en question, elles culpabilisent, elles défendent, elles s’insurgent, elles montrent l’exemple.

Trop peu souvent entendons-nous parler du mot « sororité » et pourtant c’est ce terme qui désigne comme le mot fraternité, être soeur. Etre sorore ou avoir une conduite sororale c’est soutenir la soeur, l’humaine que vous avez en face de vous et pour qui la vie est si différente car elle n’est pas vôtre.

Osons la sororité entre mères, cessons nos critiques, redécouvrons l’empathie.

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