Réfléchir ensemble

Violences éducatives : le Conseil constitutionnel ne peut rien contre le bon sens

Le 26 janvier dernier, le Conseil constitutionnel par une décision n°2016-745 a mis un coup d’arrêt à l’élan législatif portant interdiction légale des violences éducatives.

L’enjeu était de modifier dans notre code civil la définition de l’autorité parentale.

En droit français, un parent aurait alors été défini comme étant celui qui agit de sorte à protéger son enfant de tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris de tout recours aux violences corporelles que ce parent aurait pu lui-même infliger à son propre enfant.

Il s’agissait d’édifier légalement une limite aux conduites des parents et de les inviter à devenir plus bienveillants avec leurs enfants.

Juridiquement, le Conseil constitutionnel a censuré l’article 222 du projet de loi Egalité et citoyenneté en ce sens que cette disposition ne présentait pas de lien, même indirect, avec celles qui figuraient dans le projet de loi initialement déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale et, qu’à ce titre, cet article avait été adopté selon une procédure contraire à l’article 45 de la Constitution (considérant n°155 de la décision).

Alors, que penser de ce pas en arrière ? Deux choses, il me semble.

Premièrement, historiquement, il est important de rappeler que l’expression « autorité parentale » a pour origine le droit de correction. Cela signifiait que juridiquement, il y encore quelques décennies, les parents possédaient le droit de frapper leurs enfants lorsque ceux-ci ne leur obéissaient pas. Un enfant devait obéir. Il n’était pas un être humain, il était possession.

Si aujourd’hui, la situation des enfants en France a quelque peu évolué, cependant, cette histoire de l’éducation est particulièrement récente et encore de trop nombreux enfants français subissent les mêmes violences éducatives : claque, tape, fessée, menace de claque, menace de tape, menace de fessée, invectives, chantage, humiliation. En France, nous ne savons pas faire autrement visiblement et l’émission Super Nanny nous le démontre.

Néanmoins, et c’est mon deuxièmement, une chose important nous unit : le bon sens.

Comment rendre un enfant épanoui, heureux ?

Avec beaucoup d’amour, tout le monde répondra …. Ceci est du bon sens et tout le monde le possède.

En réalité, nous savons tous comment faire. Nous savons ce qui est bon pour notre enfant, nos enfants. Nous savons que nos attentions quotidiennes, de la douceur, des mots d’affection, du soutien, des regards complices, des encouragements face à de nouvelles découvertes, des sourires, des caresses, des câlins, des fous-rires, des échanges bienveillants, des discussions sur 1000 choses, des consolations sont le meilleur que nous puissions leur apporter. Nous le savons car une partie de nous l’a aussi vécu à un moment ou un autre, que cela nous ait été donné par nos parents ou une autre personne.

Alors, pour que l’ensemble de notre société française saute le pas et pratique en toute conscience la bienveillance chaque jour, apprenne la patiente, pratique la tolérance, ne soit plus agacée, énervée, ni n’invective, ni n’humilie, ni ne frappe, ni ne châtie, nous aurons, demain, un projet ou une proposition de loi « relative à l’interdiction des violences éducatives » et qui inscrira la bienveillance à l’égard des enfants et de tous dans nos lois.

En attendant, nul ne peut rien contre le bon sens.

prevenir-bon-sens-est-bienveillance

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