Réfléchir ensemble

Mon enfant, tu n’es pas un stéréotype

stereotype-respect

« Depuis qu’il est tout petit, mon fils aime se vernir les ongles de temps à autres.
Mais plus il a grandi, et plus il a commencé à être sensible aux remarques qu’il pouvait recevoir. Je me souviens par exemple l’avoir vu au parc, les mains recroquevillées pour cacher ses ongles vernis, de peur que les enfants se moquent et ne veuillent plus jouer avec lui. Ça m’a retourné le ventre de sentir que mon fils n’osait pas laisser libre cours à ses envies ou sa personnalité à cause du regard des autres.

A la fin des vacances d’été, Piou a de nouveau manifesté l’envie de porter du vernis. Auprès des enfants de mes amis, qui les élèvent selon des principes très tolérants, aucun problème. Par contre, dès que nous sommes sortis de notre petit cercle protégé, ça s’est révélé être une autre paire de manches…

Au parc, Piou a essuyé les moqueries d’un groupe d’adolescents (des garçons de 15-17 ans). Puis le petit garçon de son âge (5 ans) avec lequel il jouait au toboggan s’est exclamé, en remarquant ses ongles vernis : « Oh, t’as du vernis, t’es une fille ! »

Mon fils s’est refermé comme une huître, les épaules basses, tout honteux. Je suis donc allée parler aux ados. Et avec l’enfant de 5 ans, j’ai engagé une conversation sur le vernis, le rose, les paillettes, les filles et les garçons. En 10 minutes, c’était plié : les deux petits garçons sont repartis jouer gaiement ensemble, et il n’a plus été question de vernis.

J’espérais que l’affaire était close. Que mon fils se sentait désormais suffisamment solide sur ses appuis pour répondre aux remarques qui pouvaient lui être faites. Mais c’était sans compter les adultes…

Hier, sur le chemin de l’école, Piou m’explique que l’Atsem de sa classe lui a soutenu que le vernis, ce n’est pas pour les garçons. « Moi je sais bien que c’est pour les filles et les garçons, mais elle m’a dit que non ». Bon. « Piou, je vais te donner ma botte secrète : la prochaine fois, tu lui demanderas pourquoi les garçons ne pourraient pas mettre du vernis. Tu verras, elle sera bien embêtée. Peut-être qu’elle te répondra ‘parce que c’est comme ça, c’est tout’. Sauf que ça, ce n’est pas une réponse valable. » Mon Piou pique alors un fard : « Tu peux aller lui dire, toi ? Moi j’ose pas. »

Mince. J’avais oublié que pour un enfant de 5 ans, un.e adulte, c’est une montagne. Alors argumenter face à lui/elle…

Pour que mon fils puisse se défendre sans moi, je lui ai donc bricolé des bandes d’autodéfense antisexiste, que j’ai prévu de plastifier, de plier en accordéon et de glisser dans son sac. Il pourra ainsi les dégainer facilement en cas de « c’est pas pour les garçons ». Après tout, ne dit-on pas qu’une image vaut mille mots ?« 

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Voici le témoignage de Maman Rodarde, une maman blogueuse pour qui le respect de son enfant n’est pas une question négociable. Et, pour cause, en effet, car dans notre société, nos enfants aussi subissent les stéréotypes que nous véhiculons. Le rose, c’est pour les filles, le bleu pour les garçons. Les talons pour les filles, les tracteurs pour les garçons etc…

En matière de prévention des violences sexuelles, la notion de respect est fondamentale. Respecter l’autre, c’est le rendre libre de ce qu’il.elle est. C’est lui offrir sa pleine liberté d’être, de ressentir, de dire non. C’est la.le considérer dans sa personne, être attentif à elle.lui et le.la comprendre.

Prévenir les violences sexuelles passe donc aussi par la nécessité de rendre libre les enfants dans leurs souhaits d’habillements, de jeux, leurs choix de couleurs et cela sans jugement et toujours dans le respect. Il s’agit de les accompagner en bienveillance vers l’autonomie responsable afin qu’ils portent en eux le respect de leur propre personne et de leur propre corps mais aussi des autres et des corps des autres ; afin qu’ils portent en eux les limites qu’autrui ne peut franchir et puisse le dire si cela a été le cas.

Pour imprimer les dépliants anti-sexisme, c’est ici :

 

3 réflexions au sujet de « Mon enfant, tu n’es pas un stéréotype »

  1. Madame,

    La violence sexuelle hélas, on la subie le plus souvent sans la voir, sans l’identifié, surtout quand on est enfant. C’est celle qui consiste à ne pas respecter la nature de la personne qu’on aime.

    Et contrairement à ce que semblent évoquer vos tracts, certains travers, qui sont déjà l’expression d’une violence sexuelle subie, comme l’homosexualité, ne sont pas à respecter, ni à défendre publiquement comme vous semblez le faire, mais à soigner au mieux pour le bien de la personne concernée. Le plus efficacement en faisant cesser cette violence sexuelle qui en est la cause et qu’il faut identifier.

    Certains de vos tracts sont anodins, ou pertinents, notamment sur le maquillage, même s’il faudrait y joindre des considérations culturelles. On ne se maquille pas partout pareil… Mais d’autre tracts sur les comportements sexuels ou le transformisme n’ont rien à faire là dedans. Il s’agit bien là de violence sexuelle faites aux enfants !… Certains sont presque de l’ordre de la pornographie (prostitution visuelle), et vous faites distribuer ça dans les écoles primaires ?

    Vous êtes une mère qui s’exprime publiquement et moi un inconnu qui est juste tombé sur votre blog à la suite d’une publication d’une amie facebook. N’y voyez pas une sorte de police de la pensée, je ne suis simplement pas d’accord avec vous. Mais le fait que vous mettiez à disposition ces moyens pour une propagande idéologique, et que vous faites distribuer dans les écoles, cela va au delà de la seule éducation de votre enfant. J’espère que les conséquences seront minimes, mais l’acte est grâve…

    Cordialement,

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  2. Je connais une psychiatre psychotraumatologue, même pas féministe, mais mère de famille et plutôt plus intelligente et plus humaine que la moyenne des psy et médecins, qui est totalement opposée au maquillage (vernis à ongles inclus, et même seulement pour jouer à se déguiser) pour les filles (donc sûrement pour les enfants) car, si je l’ai bien comprise, il faut ne pas sexualiser les enfants en leur faisant mimer des femmes objets de séduction.

    Je m’interroge sur les femmes qui obéissent au diktat du patriarcat, de la domination masculine et des hommes qui en « profitent » (sans cette pseudo-féminisation, certains semblent ne pas réussir à se croire virils ?), car c à cause de ce conformisme -soumission que JE subis des violences misogynes quotidiennes depuis plus de 50 ans.

    Adultes lâches de tous les pays et autres brutes en blanc, je vous vomis trop souvent, à juste titre.

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