Réfléchir ensemble

Violences sexuelles : quand les parents ont peur de prévenir…

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Dans notre précédent article, nous vous invitions pour 2018 à prendre la résolution d’oser prévenir vos enfants au sujet de l’existence des violences sexuelles.

Pourquoi ? Afin, que ceux-ci informés puissent s’auto-protéger, venir vous confier qu’ils.elles ont été victimes, puissent grandir dans le respect de leur corps y compris de leurs parties intimes, apprennent à respecter leur intime et l’intime de l’autre.

On entend souvent que parler des violences sexuelles peut choquer les enfants.

« Je suis incapable de lui en parler et, en plus, j’ai peur de le choquer ! « 

« Et si à cause de moi, je créais en lui une nouvelle peur ? »

« Je ne vais quand même pas élever ma fille dans la peur de son père ? »

« Toi, tu penses qu’il faut que j’en parle à mes enfants, moi je te dis que ça va les traumatiser ! »

Tous les parents prévenants ou éducateurs prévenants qui s’interrogent sur le fait de prévenir ou non et la manière de faire passent nécessairement par une phrase d’interrogation. Quoi dire ? Avec quels mots ?

« Moi, mère d’un garçon, j’ai trop peur de lui parler de cela, en plus maintenant il est ado et son petit frère pour qui il faudrait que je me prépare aussi à avoir de tels mots… ha non. »

« C’est pas mon rôle en tant que père, elle doit voir ça avec sa mère et de toute façon, j’ai pas envie de lui faire peur ». 

Parfois, au delà du souhait de protéger ses enfants, la peur prend le pas. Alors, elle nous amène soit à fuir, soit à se bloquer ou même encore à refuser tout dialogue à ce propos.

Or, comme les autres émotions, la peur est un processus qui nous permet de nous adapter. Juste avant la peur, il y a cette phase d’anxiété qui nous est salutaire, moteur,  celle-là même qui nous pousse à réfléchir.

Mais alors, comment faire ?

Pour aider les enfants à surmonter leurs peurs, Isabelle Filliozat a mis au point un cahier : Mes peurs, amies ou ennemies ?

Dans ce cahier, avec des propos simples, Isabelle Filliozat nous explique que « même si on ne voit pas le danger, quand on voit quelqu’un qui a peur, on a peur ». La peur est ainsi contagieuse. Et, de la même manière, fort heureusement, lorsque l’on voit quelqu’un qui n’a pas peur, cela nous sécurise. La sécurité est contagieuse aussi.

« La peur est l’émotion de notre système de sécurité. Elle permet de repérer le danger et nous apporter de l’énergie pour nous protéger [et] pour assurer sa sécurité, on doit savoir repérer les sources de danger« .

Quelques pages plus loin, Isabelle Filliozat nous explique aussi que parfois, on allume tout seul notre système d’alarme en se faisant peur avec des « et si« . Alors, on a plein de « et si » dans la tête…

« Et si je lui en parle, ne va-t-il pas avoir une sexualité précoce ? 

Et si je lui en parle, ne va-t-elle pas se méfier de tous les membres de notre famille ? 

Et si je lui en parle, ne va-t-il pas faire des cauchemars ? 

Et si je lui en parle, je vais peut être utiliser de mauvais mots, m’embrouiller ?

Et si je lui en parle, elle saura aussi pour moi et je ne veux pas qu’elle ait de la peine…

Et si je lui en parle, tu penses vraiment que ça changera quelque chose ? 

Et si je lui en parle, et qu’elle me dit qu’elle a été violée ? »

Voici tout un tas de « et si » que les parents sont susceptibles de se dire et qui peuvent avoir pour effet de les paralyser. Pour apprivoiser cette anxiété, Isabelle Filliozat suggère justement de jouer au jeu « et si » avec quelqu’un.

L’une des stratégies pour affronter votre peur de parler à votre enfant pourrait être d’engager une conversation au sujet des violences sexuelles commises envers les enfants avec quelqu’un de confiance avec qui vous pourriez trouver des solutions à tous vos « et si » ; afin que vous vous sentiez plus fort.e.

La clé est de comprendre que vous n’avez pas besoin d’être rassuré.e car vous avez en vous des ressources.

Prévenir, ce n’est pas se projeter avec inquiétude dans un futur violent.

Prévenir, c’est dire aujourd’hui avec quiétude qu’il existe des dangers et que pour s’en prémunir, c’est bien d’en échanger.

Parce que vous êtes devenu.e parent, parce que vous avez lu cet article jusqu’au bout, vous avez avec vous encore plus de force pour répondre à vos « et si » et pour oser parler à votre enfant de l’existence des violences sexuelles.

Vous ne craignez rien à parler à votre enfant car il.elle saura vous poser des questions si il.elle a besoin d’un éclairage. Alors, vous ne serez pas dans la surprotection d’une peur qui pourrait naître en lui ou en elle, vous serez dans l’écoute et dans l’accompagnement.

A cet instant, vous prendrez conscience que vous l’aidez à savoir là où il y a danger, absence de respect et vous le.la conforterez dans sa valeur corporelle, dans son estime corporelle et dans l’amour bienveillant que vous lui portez.

A cet instant, vous lui donnerez toutes les chances de pouvoir affronter cette violence si un jour elle se présente. Vous lui transmettrez le message que vous êtes là, de son côté, que vous êtes ce parent protecteur, attentif dont il.elle a besoin. Alors votre enfant saura qu’il pourra venir vous parler si quelqu’un lui a touché ses parties intimes, si il s’est senti mal à l’aise en présence de quelqu’un ou si il a vu une violence.

Aller plus loin :

  • prendre 15 minutes pour consulter La quête : une méthode simple de prévention des violences sexuelles commises à l’encontre des enfants

 

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