Réfléchir ensemble

Vulve : j’ai enfin donné le mot à ma fille

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Les parents sont souvent déstabilisés pour nommer les parties intimes de leurs enfants. Alors, tout un tas de petits mots sont donnés pour désigner leurs parties intimes. Choupinette, zézette, minette, cocotte, minou, choupi etc.

Pourtant, le sexe des filles porte un nom anatomique : la vulve. En prévention des blessures de l’intime, je rappelle souvent combien il est important de donner le vrai nom au sexe des enfants. Rappelons-nous pourquoi.

  • Le sexe de votre enfant n’est pas un objet mignon

Lorsque vous utilisez des surnoms pour nommer la vulve de votre fille, c’est comme si vous lui déniez la pleine capacité de posséder cette partie de son corps. La vulve de votre fille lui appartient de la manière qu’elle possède un visage, des cheveux, un ventre, des pieds. Appelez vous son coude un choupinou ? Son genou un minet ?

Est-ce que vous lui dites, « ho ma chérie, tu t’es blessé au minet ? (sous entendu son genou?). Non, vous lui dites, « ho ma chérie, tu t’es blessé au genou ».

Cette simple prise de conscience de la réalité corporelle de votre enfant, dans son entier, c’est à dire y compris pourvu d’un sexe qui n’est qu’à elle, est essentielle pour prévenir les blessures de l’intime que votre fille serait susceptible de subir. Pourquoi ? Car, cela lui permet de comprendre que ses parties intimes sont précieuses et qu’elles n’ont pas à être blessées. Vous amorcez en utilisant les bons anatomiques le message de prévention clé : ton corps est précieux.

  • Donner le mot vulve à votre fille est le minimum, ensuite il faudra lui donner les mots clitoris et vagin

Bien entendu, vous devrez aussi expliquer à votre fille, qu’elle possède un clitoris et un vagin. Les parents se sentent souvent, aussi, mal à l’aise à utiliser ces mots. Pourtant, il est important dès la naissance de l’enfant et notamment au moment du change de lui dire que vous allez toucher une partie de son corps pour la nettoyer.

« Ma Chérie, là, je vais nettoyer ta vulve, ton clitoris ». Souvent, les parents ont peur aussi que leurs filles ne leur demandent « mais ça sert à quoi un clitoris ». Pourquoi ? Car les noms anatomiques résonnent dans leurs têtes en lien avec la sexualité, leur sexualité. Or, votre enfant, jusqu’à sa puberté, ne possède pas de sexualité. Son clitoris est comme l’ongle d’un de ses doigts, la trace de son cordon ombilicale sur son ventre, le lobe de son oreille. Et, votre fille doit de quels éléments est pourvu son corps, tout simplement.

La prévention des blessures de l’intime n’a rien à voir avec la sexualité ou une information proprement dite sur la sexualité. Vous prévenez d’abord un danger qui s’exerce sur le corps. En expliquant à votre enfant, qu’il n’a pas à faire de bisou, qu’il n’a pas à faire de câlin, que son corps est précieux, il prend conscience de sa corporalité, de sa valeur et qu’il doit être respecté dans toutes les parties de son corps.

  • Vous devez pouvoir dire à votre enfant que personne n’a le droit de lui toucher sa vulve

En transmettant le message à votre enfant que son corps est précieux, vous devrez aussi lui dire que personne n’a à toucher sa vulve. Que sa vulve lui appartient. Que c’est une partie intime, rien qu’à elle. Vous devez aussi pouvoir lui dire que personne n’a à toucher son clitoris, ni son vagin.

Si vous vous sentez mal à l’aise avec le mot vagin, rappelez vous qu’il ne s’agit pas de votre corps mais de celui de votre enfant et que de la même manière que vous protégez ses yeux avec des lunettes de soleil, vous êtes la personne la mieux à même de la protéger contre tout geste de violences sexuelles fait envers son corps. Ses parties intimes. Vos mots sont sa protection.

Personne n’a le droit de te toucher ta vulve y compris moi. Voici ce que votre fille doit savoir. Ainsi, si cela arrive, elle pourra vous dire, « tiens un tel a voulu toucher ma vulve, mais j’ai dit non, car tu m’as dit que personne n’a le droit d’y toucher ».

Un enfant qui connaît son corps et a de bons messages de prévention sait s’auto-protéger.

  • Votre enfant doit pouvoir dire qu’il souffre de… la vulve… ET être compris de tous

Si votre enfant est blessée dans ses parties intimes, que votre fille a une gêne, que ça lui fait mal, elle le manifestera. Elle le dira. Alors, autant faire une sorte qu’elle puisse se faire comprendre de manière exacte auprès de toute autre personne en disant « j’ai mal à la vulve, un tel m’a touché la vulve » : maîtresse, animateur, ami, babysitter, nounou, tata, parrain, marraine, amie de la famille. Eux aussi jouent leur rôle dans la prévention et la protection contre les blessures de l’intime. Ils peuvent entendre les mots de votre fille et l’accompagner, la protéger, vous informer.

Beaucoup de femmes ne découvrent le nom de leur sexe que tardivement, vers 16 ans, 17 ans, voir même plus tard en lisant un article de magazine. Beaucoup de femmes également ne savent pas qu’elles possèdent trois orifices au bas de leur ventre, un par lequel s’écoule l’urine, l’urètre, puis le vagin, puis l’anus. Peut être mes mots vous feront ils sourire, cependant, je peux vous affirmer que c’est bien la réalité. Et, cela pour en avoir discuté il y a peu avec plusieurs sages-femmes avec lesquelles je travaille. Cet état de fait crée des situations encore plus blessantes pour les femmes.

Parents, vous pouvez faire la différence pour votre fille. Osez nommer sa vulve, son clitoris et son vagin.

 

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