Réfléchir ensemble

On ne les croit pas parce qu’on a besoin de vérifier ou comment on décrédibilise la parole de l’enfant

« ce ne sont pas mes chaussettes », dit l’enfant.

« mais si, fais voir », répond l’adulte.

« il m’a tapé », dit l’enfant.

« t’es sur, il ne l’a peut être pas fait exprès », dit l’adulte.

« j’ai mal au genou », dit l’enfant.

« mais non, c’est rien », dit l’adulte.

« il m’a forcé à le suivre », dit l’enfant.

« mais qu’est-ce que tu racontes », dit l’adulte.

Notre quotidien tant de parent que d’éducateur est truffé d’exemples qui montrent que nous, les adultes, sommes incapables d’accueillir la parole de l’enfant telle qu’elle est vraiment et de la considérer à sa juste place.

Nous avons sans cesse besoin de juger, de persuader, de reprendre, de dire à notre façon, de contre-dire. Nous n’admettons pas que nous avons tort.

Face à un enfant, notre moi intérieur nous fait vaciller car comment est-ce possible qu’un si petit être, un plus petit puisse nous apprendre quoi que ce soit ?

Et même pour les parents qui se remettent en question et qui essayent d’adapter leur modèle éducatif au quotidien pour écouter leurs enfants, il y a et il y aura forcément des loupés.

Alors, que dire de l’écoute de la parole de l’enfant au moment où il dévoile les violences sexuelles dont il a été victime ? que dire de sa parole quand il nous dit que ça le gène, qu’on l’a touché d’une façon peu agréable ?

En plus des mécanismes qui s’enclenchent dans le cerveau du parent pour parer au pire, aux pires des violences que l’enfant pourrait subir, nos capacités d’écoute de l’enfant et notre capacité d’empathie envers lui sont soumises à la rude épreuve du stress quotidien.

Alors, comment veiller à avoir des garde-fous sur le sujet des violences sexuelles et de l’inceste en particulier ?

Il n’y a qu’en intégrant dans son quotidien la prévention des violences sexuelles que cela devient possible. Il n’y a qu’en privilégiant une information claire et simple dès le plus jeune âge que nous serons capables d’entendre les mots de nos enfants qui eux nous disent clairement ce qui leur est arrivé.

En réalité, les enfants parlent tout le temps. Ils nous disent sans cesse. Et pas qu’avec des mots mais aussi avec des maux. Mais ce sont nous les adultes qui ne les écoutons pas comme nous le devrions.

On entend immédiatement derrière cette phrase, la petite voix qui dit « oui mais les parents ils en font déjà assez, ils en peuvent plus, pas la peine d’aller les culpabiliser ». Non, en effet, mais les informer et les aider à conscientiser là où ils pourraient s’améliorer passe forcément par observer et regarder ce qui est défaillant. Une information courtoise qui vient juste dire : si tu as du mal à entendre que tu n’as pas pris la bonne paire de chaussettes ce matin pour habiller ton enfant, que ton enfant te le dit, est-ce qu’il sera aisé d’écouter sa voix lorsqu’il te dira qu’on l’a obligé à avoir un pénis dans sa bouche ?

Alors, peut-être que oui et peut-être que non mais en tout cas, en lisant ceci peut être que cela aidera à mettre plus de mots dans vos échanges, à prendre quelques secondes de plus pour écouter, à se mettre à la bonne distance de son enfant pour accueillir ses dévoilements et le soutenir dans ce qu’il vit.

Il pourra alors construire un langage commun avec son parent et son parent pourra mieux le protéger, l’aider à se sentir en sécurité et à l’être vraiment.

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