Ce qu’il faut entendre par violences sexuelles à l’encontre des enfants

Cette page est reproduite dans l’onglet « Définition des violences sexuelles » de ce blog afin que le visiteur ou lecteur puisse toujours s’y référer. 


Prévenir les violences sexuelles à l’encontre des enfants, c’est repenser la définition des violences sexuelles commises à leur encontre en privilégiant leur intérêt, c’est-à-dire en ayant toujours à l’esprit leur protection contre ces violences. 

Aussi, proposons-nous une définition spécifique des violences sexuelles à l’encontre des mineurs, laquelle reprend en partie la définition proposée par l’OMS.

On entend par violences sexuelles à l’encontre des enfants, c’est à dire à l’encontre de toute personne ayant moins de 18 ans :

Tout acte sexuel,

     geste sexuel, regard sexuel, mot sexuel, mutilation sexuelle notamment

     toute tentative pour obtenir un acte sexuel,

     tout commentaire ou avances de nature sexuelle,

     ou actes visant à un trafic,

dirigés contre un enfant

                ses parties génitales, son corps tout entier, sa sexualité, sa dignité,

en utilisant la coercition, de quelque manière que ce soit c’est-à-dire notamment avec ou sans violence physique, morale, psychologique, avec ou sans menace, avec ou sans contrainte, avec ou sans surprise, en usant ou non des nouvelles technologies et/ou en recourant à tout acte de cybercriminalité, du fait de son âge par rapport à l’enfant, du fait de son rapport d’autorité par rapport à l’enfant,

commis par une personne, un groupe de personnes ou une organisation de quelque nature qu’elle soit, légale ou illégale,  

indépendamment de sa relation avec l’enfant victime, parent ou non,

dans tout contexte,

y compris, mais sans s’y limiter, le foyer, les différents modes de garde, l’école, les lieux de toutes activités dédiées aux enfants et les structures médicales spécialisées.

On précise que les violences sexuelles n’ont strictement aucun rapport avec la liberté sexuelle. 

Prévenir les violences sexuelles à l’encontre des mineurs, c’est se positionner toujours aux côtés du mineur. Aucun mineur ne souhaite jamais être victime de violences sexuelles. Aussi penser qu’il puisse y consentir est tout à fait contraire à son intérêt. L’envisager, c’est se positionner aux côtés des pédocriminels ainsi que de tout agresseur et violeur commettant des violences sexuelles à l’encontre des mineurs.

Or, lorsque le pédocriminel, l’agresseur ou violeur d’enfant agit, il poursuit nécessairement une stratégie, sa stratégie.

Une connaissance du déroulement de la stratégie de l’auteur de violences sexuelles est indispensable pour penser la prévention des violences sexuelles à l’encontre des mineurs. 

D’abord, le violeur d’enfant choisit sa victime.

Ensuite, il organise l’agression :

– il isole l’enfant : géographiquement, familialement, affectivement,

– il use de différents stratagèmes pour l’amener à se laisser faire (jeu, utilisation de l’affection que l’enfant lui porte, prétexte de soins d’hygiène, séduction par des cadeaux) ou au contraire va le dévaloriser (moquerie, insulte, affaiblissement), il peut transférer la responsabilité de la violence sur l’enfant

– il instaure un climat d’insécurité et de peur,

– il agit en mettant en place les moyens d’assurer son impunité : devient le parent parfait/modèle, devient le meilleur ami des parents, se propose toujours d’aider la famille, est omniprésent autour de l’enfant, offre quelque chose à l’enfant, l’aide,

– il verrouille le secret.

Cette stratégie a directement pour conséquence que l’enfant se retrouve littéralement piégé.

Protéger un enfant contre les violences sexuelles, c’est comprendre, admettre et défendre le fait que l’enfant n’est JAMAIS responsable des violences sexuelles commises à son encontre. Seul l’agresseur est responsable.

Les conséquences des violences sexuelles commises à l’encontre des enfants sont très graves. Outre les traumatismes et séquelles physiques (hématomes, fissures vaginales, anales, MST, HIV, paralysies), les grossesses non désirées, les IVG, il existe aussi d’importantes conséquences psychotraumatiques spécifiques aux violences sexuelles (voir le site Mémoire Traumatique dont ne reproduisons ici les éléments).

Chez l’enfant les troubles psychotraumatiques spécifiquement liés aux violences sexuelles sont :

  1. a) Des comportements sexuels inappropriésmasturbation compulsive, exhibitions, auto-mutilations sexuelles, comportements et des propos sexualisés, dessins et des jeux sexualisés compulsifs, agressions sexuelles sur d’autres enfants.
  2. b) Un changement brutal de comportement: apparition d’un état d’agitation, de tristesse avec des propos dépressifs, repli sur soi, mutisme, pleurs, mises en danger avec accidents à répétitions, agressivité…
  1. c) Des symptômes régressifs,avec développement d’une grande angoisse de séparation, réapparition de comportements qui avaient disparu en grandissant comme sucer son pouce, parler bébé, se balancer, faire pipi au lit, avec une perte de l’autonomie…
  1. d) L’apparition soudaine de comportements de peurs et de phobies,peur du noir, de certains adultes et de certaines situations, peur d’être enfermé, peur de la toilette, d’aller au WC. Il peut également y avoir une phobie sociale, une phobie de l’école, des attaques de panique…
  1. e) Des douleurs, des lésions et des symptômes génito-urinaireset anaux, des douleurs et des troubles digestifs et alimentaires : constipation, encoprésie (faire caca dans sa culotte), nausées, vomissements, anorexie et/ou boulimie…
  1. f) Des troubles du sommeil, de la concentration et de l’attention, des troubles cognitifsavec une chute des résultats scolaires, et un arrêt des activités extra-scolaires…

Chez l’enfant à l’adolescence d’autres troubles psychotraumatiques spécifiquement liés aux violences sexuelles peuvent en plus apparaître :

  1. a) Des conduites à risques :nombreuses mises en danger entraînant des accidents à répétition, jeux dangereux, actes de délinquances, violences aiguës, conduites addictives (alcool, tabac, drogues, jeux internet, sites pornographiques), fugues à répétition, conduites sexuelles compulsives à risque, avec multiplication des partenaires, parfois des inconnus, sans protection, voire des situations prostitutionnelles, grossesses précoces, IVG à répétition, départ précoce du domicile familial, avec un risque élevé de subir de nouvelles violences.
  2. b) Des conduites auto-agressives :tentatives de suicides répétées, auto-mutilations (scarifications)
  3. c) Des troubles de l’humeur, des troubles phobo-anxieux et des troubles de la personnalité: douleur morale intense, idées suicidaires fréquentes, isolement et retrait, comportements de peur et d’évitement phobique, crises d’angoisse, refus de la sexualité, refus de grandir et de devenir adulte, sentiment d’étrangeté, d’être différent et incompris, perte de confiance, mauvaise estime de soi, troubles de la personnalité de type border-line…
  4. e) Des troubles des comportements alimentaires et des troubles du sommeil(insomnies, réveils nocturnes, cauchemars)…
  5. f) Des échecs scolaires :phobie scolaire voire abandon scolaire, absentéisme scolaire, troubles de la concentration, de l’attention et de la mémoire.
  6. g) Des symptômes somatiquesfréquents : fatigue chronique, céphalées, cystites à répétition, règles très douloureuses, douleurs pelviennes, ballonnements, nausées et vomissements, palpitations…

Prévenir les violences sexuelles commises à l’encontre des enfants, c’est réagir lorsqu’un enfant vous semble présenter l’un ou plusieurs de ces troubles ; et même si il ne veut pas vous parler ou ne parle pas. Il est de notre responsabilité d’agir et de le protéger. Le 119, numéro anonyme et gratuit, permet le recueil de toute information pour tout enfant dont vous avez un quelconque doute qu’il subisse des violences sexuelles.

Si c’est le cas, sachez que vous n’êtes ni juge, ni policier, ni avocat. Ce n’est pas à vous de rechercher une quelconque preuve, mais en tant que citoyen.ne et personne bienveillante, il vous appartient de signaler tous vos doutes.

En France, chaque année, 154 000 enfants sont violés. 

Aucun chiffre n’est donné concernant les autres agressions sexuelles que les enfants subiront. 

Pensez à eux. 

Ne doutez pas, AGISSEZ.