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Prévenir les violences sexuelles : amener des mots de douceur là où il n’y a que de la terreur

Tout parent est terrifié à l’idée qu’un jour son enfant puisse être victime de violences sexuelles. Parfois, il ne veut pas y penser. Fait comme si de rien. Et, pourtant, il s’agit bien d’un enfant sur 5 qui, en France, est victime de violences sexuelles. Alors comment devenir un parent prévenant ? Comment protéger son enfant, l’informer et l’aider à s’auto-protéger sans lui transmettre ou créer une nouvelle peur. Car en réalité, c’est souvent de cela dont il s’agit. Le parent, en plus de confondre discussion de prévention et discussion sur la sexualité, craint de transmettre une nouvelle peur.

Ce qu’est la peur 

« Face au danger, la peur mobilise l’organisme. Tous sens exacerbés et tournés vers l’extérieur… l’attention est au maximum. Le corps est prêt à réagir très vite. Avant même que nous n’ayons véritablement conscience de ce qui se passe, notre système émotionnel a déjà enregistré la présence d’un danger et prépare le corps en conséquence. La peur décuple nos forces physiques et psychiques. Ultra alerte, attentif et présent à nous-mêmes… nous serons prêts à affronter le danger ou à fuir loin ». Voici grâce aux propos d’Isabelle Filliozat tirés de son ouvrage Que se passe-t-il en moi ? ce que l’on peut nommer « peur ». La peur est une émotion, un mouvement naturel en soi qui permet de se mobiliser.

De la peur aux mots de douceur 

La peur n’a rien à voir avec les mots de prévention des violences sexuelles. Que sont ces mots de douceur ? De quoi s’agit-il ? Il ne s’agit pas de raconter ce qu’est un viol, une scène macabre de crime, de donner des détails crus dans un langage qui ressort plus de la fiction que de la réalité du drame vécu. En réalité, il s’agit d’abord de dire à l’enfant : ton corps t’appartient, il est important, tes ressentis ont de la valeur, je te fais confiance, je suis là pour te protéger.

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Ton corps t’appartient 

Tes pieds, ta tête, tes bras, tous les membres de ton corps sont tien. Ils ne sont qu’à toi. Tu possèdes comme toute personne humaine des parties intimes : pénis, testicules, anus, fesses, vulve, clitoris, vagin, seins. Elles te sont propres.

Ton corps est important 

Toutes les parties de ton corps ainsi que tes parties intimes sont importantes. Il faut en prendre soin. Personne n’a le droit de te toucher si tu ne le souhaites pas. S’agissant de tes parties intimes, aucun adulte n’a jamais le droit d’y toucher. Elles ne sont qu’à toi.

Tes ressentis ont de la valeur

Parfois, quand on te touche, c’est très agréable. Tu peux demander à être chatouillé.e ou à ce qu’on t’aide à faire ton shampoing. Parfois, quand on te touche, c’est désagréable. Tu n’aimes pas ça. Tu dois et tu peux le dire. « Ha non, j’aime pas ça ». C’est lorsqu’on te pince, qu’on te tape ou qu’un adulte touche tes parties intimes ou te montre les siennes.

J’ai confiance en toi 

Je t’aime, tu es important, j’ai confiance en toi et je crois en toi. Je sais que tu sais ce qui est bon pour toi. Je sais que tu sais dire si quand on te touche ça te fait oui ou ça te fait non. J’ai confiance en toute ta personne. Je t’écoute avec toute mon attention. Je crois ce que tu me dis.

Je suis là pour te protéger

Je sais comme je viens de te l’expliquer qu’il existe des personnes, même des gens des familles, des papas, des tontons qui touchent les ou leurs enfants sur leurs parties intimes. Mais ces personnes n’ont jamais le droit de le faire. C’est interdit par la loi. Je suis là pour te protéger. Tu pourras toujours, toute la vie, venir me parler si tu as eu des ressentis désagréables, si quelqu’un y compris des personnes de notre famille ou de notre entourage ont voulu te toucher les parties intimes ou t’ont touché les parties intimes. Et, même d’autres enfants, ta sœur ou ton frère. Et, si jamais on te dit de ne surtout pas en parler, que c’est un secret ; tu dois savoir qu’il y a les bons et les mauvais secrets. Les bons secrets font du bien, c’est comme préparer en secret un cadeau pour quelqu’un pour son anniversaire. Les mauvais secrets, eux, font du mal. On est triste à l’intérieur. Ceux là, il faut les dire. Tu peux venir quand tu veux me les dire. Et, de temps en temps, je te demanderai si quelqu’un a essayé de te toucher tes parties intimes ou si tu as des mauvais secrets.

Prenez votre temps. Et, quand vous serez prêt.e, osez parler avec votre enfant.

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